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EXEGESE PAR L'OPINION
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ES ARGUMENTS DE CEUX QUI INTERDISENT L'EXEGESE PAR L'OPINION ET PAR L'IJTIHAD
Tafsîr Al-Qurtubî, Volume 1, p. 34, Tafsîr Ibn Kathîr et Al-Baghawî, Volume 1, pp. 12-14]
D
ISCUSSION DE CES ARGUMENTS
Ceux qui autorisèrent l'exégèse par l'opinion et l'ijtihâd discutèrent ces argument comme suit :
Concernant le premier hadîth : il laisse à désirer sur le plan de son authenticité car l'un de ses transmetteurs, Suhayl Ibn Abî Hazm Al-Qatîcî fut récusé. Et supposer que le hadîth soit authentique, les savants le commentèrent disant que :
a) Il s'agit de celui qui interprètent le Coran selon son opinion et sa passion uniquement faisant passer l'opinion au premier plan et le Coran au second plan. En d'autres termes, celui qui a une opinion préalablement arrêtée sur un sujet et qu'il y penche par nature ou par passion, ce qui le porte à interpréter le Coran selon son opinion et sa passion pour s'en servir afin de légitimer une fin. Si ce n'était pour cette opinion préalable et cette passion, il n'aurait pas suspecté ce sens dans le Coran. Ce genre de personne ne trouve la vérité que par pure coincidence et il se peut qu'il ait quelque savoir et ce comme ceux qui utilisent certains versets du Coran pour justifier leur innovation comme les muctazilah, les shiites, les khawârij et leurs semblables. Il se peut aussi que ce soit avec une part d'ignorance comme font certains prétendants au savoir aujourd'hui osant s'attaquer à l'exégèse du Livre de Dieu par la passion et le goût personnel (istihsân) et sortant la Parole de Sa place et sortant le Coran de sa voie claire et droite.
b) Les deux hadîths visent celui qui interprète le mutashâbih (l'ambigu) qui n'est connu que d'Allâh Exalté soit-Il,
c) ou celui qui interprète le Coran sans posséder le bagage linguistique et juridique le qualifiant pour cette tâche et que s'il lui arrive de trouver la vérité, il se trompe de voie pour y parvenir. [
Ceux qui autorisèrent l'exégèse par l'opinion et l'ijtihâd discutèrent ces argument comme suit :
Concernant le premier hadîth : il laisse à désirer sur le plan de son authenticité car l'un de ses transmetteurs, Suhayl Ibn Abî Hazm Al-Qatîcî fut récusé. Et supposer que le hadîth soit authentique, les savants le commentèrent disant que :
a) Il s'agit de celui qui interprètent le Coran selon son opinion et sa passion uniquement faisant passer l'opinion au premier plan et le Coran au second plan. En d'autres termes, celui qui a une opinion préalablement arrêtée sur un sujet et qu'il y penche par nature ou par passion, ce qui le porte à interpréter le Coran selon son opinion et sa passion pour s'en servir afin de légitimer une fin. Si ce n'était pour cette opinion préalable et cette passion, il n'aurait pas suspecté ce sens dans le Coran. Ce genre de personne ne trouve la vérité que par pure coincidence et il se peut qu'il ait quelque savoir et ce comme ceux qui utilisent certains versets du Coran pour justifier leur innovation comme les muctazilah, les shiites, les khawârij et leurs semblables. Il se peut aussi que ce soit avec une part d'ignorance comme font certains prétendants au savoir aujourd'hui osant s'attaquer à l'exégèse du Livre de Dieu par la passion et le goût personnel (istihsân) et sortant la Parole de Sa place et sortant le Coran de sa voie claire et droite.
b) Les deux hadîths visent celui qui interprète le mutashâbih (l'ambigu) qui n'est connu que d'Allâh Exalté soit-Il,
c) ou celui qui interprète le Coran sans posséder le bagage linguistique et juridique le qualifiant pour cette tâche et que s'il lui arrive de trouver la vérité, il se trompe de voie pour y parvenir. [
Tafsîr Ibn Kathîr et Al-Baghawî, Volume 1, pp. 12]
Pour ce qui est des traditions décrivant les pieux prédécesseurs, Compagnons et Successeurs, on peut leur opposer des traditions qui les contredisent. Ainsi narre-t-on d'après [Abû Bakr] As-Siddîq qu'on l'interrogea au sujet d'al-kalâlah, il répondit : "Je donne mon opinion, si elle est juste c'est grâce à Dieu et si elle est erronnée c'est à cause de moi et du diable; Dieu et Son Prophète en sont innocents. Al-Kalâlah désigne celui qui est sans enfants ni parents." Quand Al-Fârûq, cUmar - qu'Allâh l'agrée - devint caliphe, il dit : "Je serais gêné de contredire Abû Bakr dans l'une de ses opinions.", narré par Ibn Jarîr et d'autres. [
Al-Itqân, Volume 2, pp. 179-183] Ceci indique que par "Quel ciel m'abriterait...", il entendait les propos non corroborés par des preuves et dits sans connaissance ou encore par crainte de ne pas trouver ce qui était voulu par Dieu. De la même façon, on comprend les narrations rapportées sur certains prédécesseurs à ce sujet.
L'Imâm, Al-Hâfidh, Ibn Kathîr dit dans son exégèse : "Ces traditions authentiques et similaires venant des grandes figures du salaf traduisent leur gêne de hasarder en matière de tafsîr ce dont ils n'avaient pas une connaissance [certaine]. Mais nulle rigueur ne peut être tenue à celui qui s'exprime en se basant sur des connaissance linguistiques et juridiques" [
Tafsîr Ibn Kathîr et Al-Baghawî, Volume 2, pp. 370-371]. Cela explique qu'on transmit de leur part et de la part d'autres gens des dires en matière de tafsîr. Il n'y a là aucune contradiction car ils s'exprimaient sur ce qu'ils connaissaient et se taisaient sur ce qu'ils ignoraient et c'est ainsi que chacun devrait se conduire : se taire à propos de ce que l'on ignore. De même, on doit dire ce que l'on sait quand on est interrogé car Allâh dit : "Explicitez- le aux gens et ne le cachez point" [3:187] et en vertu du hadîth transmis par de multiples voies : "Celui qui, interrogé sur une science, la tait se verra poser une muselière de feu le jour de la Résurrection", narré par At-Tirmidhî. Par ailleurs, on narra de la part de nombreux Compagnons - qu'Allâh les agrée - des propos en matière d'exégèse du Coran tels que les distingués cAlî, Ibn Mascûd, Ibn cAbbâs, Ubayy Ibn Kacb, cAbdullâh Ibn cAmr Ibn Al-cÂs, Anas, Abû Hurayrah et d'autres. Si l'interprétation du Coran n'était pas permise pour ceux qui y sont aptes, ils ne l'auraient pas fait car ils étaient les plus pieux qui soient et les plus respectueux des limites fixées par Dieu. De même, on transmit l'exégèse du Coran de nombreux nobles Successeurs tels que Sacîd Ibn Jubayr, Mujâhid Ibn Jabr, cIkrimah, Qatâdah, Al-Hasan Al-Basrî, Masrûq, Ash-Shacbî et d'autres, ce qui montre que ceux qui s'abstinrent d'interpréter le Coran le firent par excès de prudence et de piété. Il se peut aussi que leur but - qu'Allâh les agrée - était d'inciter à une certaine prudence et retenue ceux qui souhaitent interpréter la Parole d'Allâh, puis à un supplément de prudence avant de s'exprimer, que ceux qui s'y attèlent préfèrent la réserve et aussi pour donner l'exemple aux générations suivantes.
Pourvu que cette attitude qui fut la leur malgré leur rang et leur connaissance du Coran soit un bon rappel pour ceux qui dépassent les limites et s'attaquent à l'interprétation du Coran sans connaissance, et s'en prennent avec insolence à ceux qui leur montrent la vérité et a méthodologie correcte.
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A LEGITIMITE DE L'EXEGESE PAR L'OPINION ET L'EFFORT INTELLECTUEL
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E BLAMABLE ET LE LOUABLE DANS L'EXEGESE PAR L'OPINION
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A METHODOLOGIE CORRECTE DANS L'EXEGESE DU NOBLE CORAN
tout.
" auquel cas il faut donner le pas à la circonstance de révélation par rapport aux correspondances car cela procède de la précédence des moyens par rapport aux finalités. Dans le cas contraire, il est plus approprié de citer les renvois entre versets avant la circonstance de révélation pour mettre en valeur l'harmonie du texte du Coran, la beauté de son agencement et l'enchaînement entre ses versets.
Se détacher de tout penchant en faveur d'une école précise afin que cela ne le porte pas à interpréter le Coran selon son opinion personnelle et selon son école ni à détourner le Coran de sa voie claire et son droit chemin.
Être attentif au sens réel et métaphorique de manière à ne pas privilégier la métaphore par rapport au sens réel sans raison valable. Privilégier la vérité juridique à la vérité linguistique et aussi la vérité coutumière. L'interprétation exhibant des sens nouveaux est plus prioritaire que celle qui ne fait que confirmer le sens commun. Bien tenir compte des différences subtiles entre les mots.
Être attentif à l'agencement du propos et l'occasion pour laquelle il a été exprimé car cela permet de comprendre le sens voulu et de formuler une opinion correcte. Az-Zarkashî dit dans
Al-Burhân : Que l'exégète soit attentif à l'agencement du propos même quand il diffère de l'agencement linguistiquement admis car les écarts sont établis.
L'exégète doit commencer par tout ce qui touche aux termes et la définition de leurs sens puis se pencher sur les constructions dans lesquelles ils figurent. Il commence ainsi par l'analyse grammatical si elle n'est pas évidente, puis il passe aux branches de la rhétorique que sont al-ma`ânî, al-bayân et al-badî`. Ensuite, il explicite le sens voulu et les commandements et les règles de bienséance que l'on peut déduire des versets. Qu'il aille à l'essentiel dans la mention des considérations linguistiques, grammaticales, rhétoriques, ou juridiques afin que cela n'occulte pas le coeur même de l'interprétation.
Se garder de citer les hadîths et les narrations faibles et controuvées et les récits intrus comme les israélismes et assimilés qui sont autant de pièges où tombèrent nombre d'exégètes précédents concernant les circonstances de révélation, les récits des Prophètes et des nations du passé, la genèse et la résurrection et ainsi de suite. A ce stade, le lien entre cet exposé et le thème de cet ouvrage devient clair.
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REDOMINANCE DE LA FAIBLESSE DANS L'EXEGESE PAR TRADITION
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E CONSTAT DE CE PHENOMENE PAR LES ANCIENS IMAMS
nous envoyer vos commentaires. © Islamophile 1998-2002.
Les anciens savants du hadîth constatèrent ce phénomène à savoir la prédominance de la faiblesse dans l'exégèse par tradition. Ainsi, le grand Imâm Ahmad Ibn Hanbal dit-il : "Trois choses n'ont aucun fondement : l'exégèse, les récits des guerres et des expéditions". Les savants versés parmi les disciples de l'Imâm dirent : "Il voulait dire que la plupart de ces narrations ne possèdent pas de chaînes de garants authentiques et continues." En effet, nous avons vu précédemment qu'il y a un grand nombre de narrations authentiques. On dit également que cela signifie que la plupart est classée
mursal. (Le mursal désigne chez la majorité des spécialistes du hadîth les narrations qu'un successeur attribue au prophète - paix et bénédiction d'Allâh sur lui - sans mentionner le Compagnon les ayant transmis. Chez les juristes et certains spécialistes du hadîth, cela désigne toute narration souffrant de l'omission d'un trasmetteur, Compagnon ou autre, que l'omission porte sur un ou plusieurs maillon de la chaîne de transmission.)
On rapporte que le grand Imâm Ash-Shâfi`î dit : "Seule une centaine de hadîths venant d'Ibn `Abbâs en matière d'exégèse fut authentifiée." Malgré l'exagération que recèle cette parole, elle indique l'importance du nombre de hadîths controuvés et faussement attribués à Ibn `Abbâs.
http://www.islamophile.org/coran/sciences/tafsir/index.html Traduit par : Mohammad Ghoniem Dernière mise à jour le 01 Février 2002 Merci de
Nous avons dit précédemment que l'exégèse par tradition comprend l'exégèse à l'aide du noble Coran, ou à l'aide de la sunnah ou les dires des Compagnons et des Successeurs. L'exégèse du Coran par le Coran est irréprochable et ne suscite aucune objection. L'erreur ne vient alors que de la part de l'exégète quand il rapproche des versets qui, après analyse, s'avèrent sans lien.
De même, l'exégèse du Coran par les récits authentiques et fermement établis venant du Prophète - paix et bénédiction d'Allâh sur lui - est irréprochable et personne ne peut la rejeter ou la remettre en question une fois qu'elle a été établie. Dans ce sens, on rapporte authentiquement que chacun des quatre grands Imâms de la jurisprudence islamique dit à tour de rôle : "Si le hadîth s'avère authentique, alors c'est ma voie et délaissez tout autre opinion que j'aurais eue." Si ceci est valable dans le cadre du licite et de l'illicite, alors que penser de l'interprétation qui ne touche à rien de cela ? Cette attitude est obligatoire à plus
forte raison. En revanche, les récits faibles et ceux faussement attribués au Prophète doivent être rejetés.
Enfin, les interprétations innombrables des Compagnons et des Successeurs sont de diverses catégories : authentiques, bonnes, faibles, controuvées ou faisant partie des israélismes comportant des légendes et des fables des enfants d'Israël et qui s'infiltrèrent dans la littérature islamique et, notamment, dans les ouvrages exégétiques au point de devenir un amas informe venant de toute provenance. Que ces interprétations relèvent de l'exégèse par tradition exclusivement ou allient la tradition et autre chose, nous n'en retenons que les narrations authentiques ou bonnes. En revanche, nous rejetons les narrations faibles, vacillantes, controuvées ou faisant partie des israélismes et il n'y a pas de mérite à le faire.
Celui qui interprète le livre de Dieu -Exalté soit-Il - se doit de chercher son sens dans le Coran lui-même. S'il ne l'y trouve pas, qu'il le recherche dans la sunnah authentifiée et fermement établie. S'il ne l'y trouve pas, qu'il le recherche dans les propos des Compagnons en évitant les narrations faibles ou controuvées ainsi que les israélismes (
isrâ'îliyyât). S'il ne trouve pas ce qu'il cherche dans les propos des Compagnons, qu'il cherche dans les propos des Successeurs. L'accord de ces derniers sur une chose indique - fort probablement - qu'ils le reçurent de la part des Compagnons. En cas de divergence, qu'il choisisse la meilleure opinion et qu'il donne l'avantage à l'opinion la mieux appuyée par des preuves. S'il ne trouve rien dans leurs propos pouvant servir d'interprétation pour un verset cars jugés faibles, controuvés ou faisant partie des israélismes rapportés par les gens du livre qui embrassèrent l'islam, alors qu'il emploie sa raison au mieux et qu'il n'épargne aucun effort à condition qu'il possède tous les instruments de l'ijtihâd (effort intellectuel de déduction à partir des textes). Ce faisant, il doit respecter les règles suivantes :
Veiller à la concordance de l'interprété et de l'interprétation. Ne pas réduire l'interprétation au point de manquer de clarté ni développer plus que de raison. Autrement dit, ni manquer de clarté par concision ni ennuyer par excès.
Être attentif aux circonstances de révélation car elles donnent le plus souvent un éclairage permettant de mieux cerner le sens du verset. [La connaissance des circonstances de révélation met en évidence le lien entre le verset 4:58 et la parole du Très Haut "
N'as-tu pas vu ceux à qui une partie du Livre a été donnée ajouter foi à la magie et au tâghût, et dire en faveur des mécréants : 'Ceux-là sont mieux guidés que ceux qui ont cru'?" (verset 4:51) En effet, les juifs préférèrent la religion des polythéistes à celle des monothéistes, ce qui fut compté comme une trahison du dépôt (engagement) que Dieu leur avait confié de dire la vérité et de ne pas l'occulter. Ils méritèrent ainsi cette réprimande et cette menace. Il convenait aussi que l'on rappelle l'engagement général envers Dieu par la Parole du Très Haut : "Certes, Allah vous commande de rendre les dépôts à leurs ayants-droit, et quand vous jugez entre des gens, de juger avec équité. Quelle bonne exhortation qu'Allah vous fait! Allah est, en vérité, Celui qui entend et qui voit tout."]
Veiller à citer les liens ou correspondances (arabe :
al-munâsabât) entre les versets car cela révèle l'une des caractéristiques du Noble Coran à savoir son inimitabilité. En effet, les liens entre les versets jouent un rôle important dans la révélation des secrets de l'inimitabilité du Coran. Les approches des exégètes différèrent au sujet des deux point sus-mentionnés. Certains citent les correspondances car elles redressent l'harmonie du propos et a une précédence sur les circonstances de révélation. D'autres mentionnent les circonstances de révélation d'abord du fait que la cause précède la conséquence.
En réalité, tout dépend si le lien dépend de la circonstance de révélation comme dans le verset : "
Certes, Allah vous commande de rendre les dépôts à leurs ayants droit, et quand vous jugez entre des gens, de juger avec équité. Quelle bonne exhortation qu'Allah vous fait! Allah est, en vérité, Celui qui entend et qui voit
Ce qu'il faut retenir c'est que l'exégèse du Coran par l'opinion et par l'ijtihâd est de deux sortes :
L'exégèse récusée et rejetée
consiste à interpréter le Coran sans avoir les qualifications prérequises, ou l'interprétation selon la passion et le goût personnel, ou l'interprétation visant à soutenir un mauvais madhhab et une opinion erronnée, ou l'exégèse de l'équivoque (
mutashâbih) que seul Dieu connaît, cette catégorie de tafsîr comprend souvent des narrations fausses et sans fondement.
L'exégèse louable et approuvée
est fondée sur une connaissance suffisante des règles linguistiques, juridiques et fondamentales : les fondements de la religion, les fondements du fiqh, la science des traditions et des hadîths. Elle ne contredit pas un texte authentique, ni une raison saine, ni une science certaine fermement établie tout en faisant tous les efforts possibles de recherche et de réflexion, poussant à l'extrême la recherche de la vérité et de l'opinion juste et le détachement de soi des passions et des préférences (
istihsân) non étayées par des arguments et en observant Dieu soigneusement dans tout ce que l'on dit.
http://www.islamophile.org/coran/sciences/tafsir/ 31 Mohammad Ghoniem © islamophile.org 2002. Tous droits réservés.
Etant donné que les arguments de ceux qui interdisent l'exégèse par l'opinion ne résistent pas à l'examen critique, le chercheur équitable conclut à la légitimité du tafsîr selon l'opinion posée et lucide et l'effort intellectuel de celui qui en a les moyens, à savoir la connaissance des sciences mentionnées au début de ce livre. Par ailleurs, si nous n'interprétions pas le Coran par l'effort intellectuel, nous viderions de son sens l'invitation à la méditation du Coran et à la réflexion que Dieu nous a faite dans plusieurs versets. [J'en ai cité quelques-uns au début du livre concernant le caractère obligatoire du tafsîr, et qu'il s'agit d'une obligation de suffisance (
fard kifâyah)] Nous nous priverions de nombreux commandements éthiques et de sciences diverses que renferme le Noble Livre et qui continuent à se dévoiler tous les jours dans le Livre de Dieu.
Il n'y a nul doute que les narrations authentiques et établies transmises du Prophète - que les salutations de Dieu et Ses bénédictions soient sur lui - en matière de tafsîr sont peu nombreuses comparées aux passages à propos desquels rien ne nous fut transmis de sa part. De même, les narrations des Compagnons et Successeurs ne couvrent pas tous les versets du Noble Livre sans oublier les narrations faibles, controuvées et les isrâ'îliyyât, ce qui représente beaucoup et notamment relativement aux versets décrivant la nature, domaine où la science progresse au fil des âges.
L'invalidité des interprétations fournies pour ces versets est devenue flagrante et nécessite l'ouverture de la voie de l'ijtihâd (effort intellectuel) dans le domaine du tafsîr du Noble Coran. Sinon, on aurait du mal à comprendre une partie non négligeable des versets du Noble Coran et on ignorerait ce qu'il faut entendre par ces versets. Or, ceci contredit sa vocation de Livre de la Grande Guidance et de Guide Suprême de l'humanité au fil des âges, et sa qualité de Miracle Grandiose et de miracle permanent du Sceau des Prophètes et des Messagers de tous les temps.
Ceux qui autorisèrent l'exégèse par l'opinion et l'ijtihâd discutèrent ces argument comme suit :
Concernant le premier hadîth : il laisse à désirer sur le plan de son authenticité car l'un de ses transmetteurs, Suhayl Ibn Abî Hazm Al-Qatîcî fut récusé. Et supposer que le hadîth soit authentique, les savants le commentèrent disant que :
a) Il s'agit de celui qui interprètent le Coran selon son opinion et sa passion uniquement faisant passer l'opinion au premier plan et le Coran au second plan. En d'autres termes, celui qui a une opinion préalablement arrêtée sur un sujet et qu'il y penche par nature ou par passion, ce qui le porte à interpréter le Coran selon son opinion et sa passion pour s'en servir afin de légitimer une fin. Si ce n'était pour cette opinion préalable et cette passion, il n'aurait pas suspecté ce sens dans le Coran. Ce genre de personne ne trouve la vérité que par pure coincidence et il se peut qu'il ait quelque savoir et ce comme ceux qui utilisent certains versets du Coran pour justifier leur innovation comme les muctazilah, les shiites, les khawârij et leurs semblables. Il se peut aussi que ce soit avec une part d'ignorance comme font certains prétendants au savoir aujourd'hui osant s'attaquer à l'exégèse du Livre de Dieu par la passion et le goût personnel (istihsân) et sortant la Parole de Sa place et sortant le Coran de sa voie claire et droite.
b) Les deux hadîths visent celui qui interprète le mutashâbih (l'ambigu) qui n'est connu que d'Allâh Exalté soit-Il,
c) ou celui qui interprète le Coran sans posséder le bagage linguistique et juridique le qualifiant pour cette tâche et que s'il lui arrive de trouver la vérité, il se trompe de voie pour y parvenir. [
On narre que le Prophète - que les salutations de Dieu et Ses bénédictions soient sur lui - dit : "Celui qui dit au sujet du Coran une parole basée sur son opinion et voit juste se trompe", narré par Abû Dâwûd, At-Tirmidhî qui le jugea
gharîb (singulier) et An-Nasâ'î.
On narre également que le Prophète - que les salutations de Dieu et Ses bénédictions soient sur lui - dit : "Evitez absolument de m'attribuer une parole sauf ce dont vous avez la
certitude car celui qui ment à mon compte a mérité sa place en Enfer et celui qui dit au sujet du Coran une parole basée sur son opinion a mérité sa place en Enfer", narré par At-Tirmidhî et Abû Dâwûd.
On narre que le pieux salaf, les Compagnons et les générations qui les suivirent, s'interdisait de hasarder une parole sur l'interprétation du Coran. Ainsi, Abû Malîkah dit-il : On demanda à Abû Bakr As-Siddîq - qu'Allâh l'agrée - l'interprétation d'une phrase du Coran. Il dit "Quel ciel pourrait m'abriter et quele terre pourrait me loger et où pourrais-je aller et comment ferais-je, si j'interprétais un mot du Livre de Dieu autrement que ce que Dieu entendait ?!" et, dans une autre variante, : "si j'interprétais le Livre de Dieu sans connaissance ?!"
De même, on narre que quand on interrogeait Sacîd Ibn Al-Musayyib sur l'interprétation d'un verset du Coran, il disait : "Je ne dis rien sur le Coran". Quand on l'interrogeait sur le licite et l'illicite, il répondait et quand on l'interrogeait sur l'interprétation d'un verset du Coran, il se taisait comme s'il n'avait rien entendu.
On narre également d'après Ash-Shacbî qu'il dit : "Je ne m'exprimerai point sur trois choses jusqu'à ma mort : le Coran, l'âme, et les songes (ar-ru'â) [i.e. l'interprétation des rêves et dans une autre variante il dit : la vision (ar-ra'y)/ l'opinion]". On relate aussi que Muhammad Ibn Sîrîn dit : J'interrogeai cUbaydah [i.e. As-Salmânî, un noble Successeur] sur un verset du Coran, il me répondit : "Ceux qui connaissaient les circonstances de révélation du Coran ne sont plus, alors crains Dieu et sois juste" [c'est-à-dire "ne te hasarde pas dans l'interprétation du Coran"].
On narre que Masrûq dit : "Evitez le tafsîr car cela revient à narrer de la part de Dieu" et d'autres narrations similaires [
Les savants divergèrent au sujet sde l'exégèse par autre chose que la tradition. Certains dirent que nul n'a le droit d'interpréter le moindre passage du Coran fut-il un savant homme de lettres connaissant extensivement les arguments, la jurisprudence, la grammaire, les récits et les traditions, que nul n'a le droit de dire autre chose que les narrations venant du Prophète - que la paix et les bénédictions de Dieu soient sur lui - ou de ses Compagnons qui s'instruisirent auprès de lui et des Successeurs qui s'instruisirent auprès d'eux. Mais la majorité du pieux salaf et des savants autorisèrent l'interprétation du Coran selon l'opinion et l'effort de réflexion (
al-ijtihâd) et chacun des deux partis avancent des arguments.
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